Il y a 10 ans : la faillite de MG Rover

Le 7 avril 2005, le groupe MG Rover se déclarait officiellement en faillite. 

La lettre envoyée par les administrateurs aux salariés de MG Rover Group leur annonçant de rester chez eux, toute l'activité étant stoppée (le 11 avril 2005)
La lettre envoyée par les administrateurs aux salariés de MG Rover Group leur annonçant de rester chez eux, toute l’activité étant stoppée (le 11 avril 2005)

Le 8 avril, les administrateurs issus du cabinet PricewaterhouseCoopers étaient chargés d’évaluer les conditions de la liquidation de l’entreprise. Le 11 avril, les salariés recevaient l’instruction de rester chez eux, toute activité étant suspendue, et ce sont plusieurs milliers d’employés de MG Rover et Powertrain (la société en charge de la production des moteurs utilisés sur les véhicules) qui se trouvaient au chômage à la fin du mois d’avril. Le réseau des concessionnaires, en France en particulier, resta plusieurs semaines dans l’incertitude. Certains se raccrochaient à l’espoir que la marque perdurerait sur ses marchés existants mais sous capitaux chinois. Il n’en fut rien.

Il est à noter que comme dans la plupart des autres pays, la part de marché de Rover en France s’était réduite d’année en année, et très peu de concessionnaires étaient exclusivement Rover/MG. La très grande majorité d’entre eux étaient également concessionnaires d’autres marques (Land Rover pour certains, pour des raisons historiques évidemment, mais aussi Skoda, Volvo, Suzuki, Mazda, etc…).

Furent aussi concernés les employés des filiales commerciales dans les différents pays européens, dont la France, qui furent rapidement mises en liquidation judiciaire. Notons qu’en France, une action en justice fut intentée par le parquet de Nanterre pour contester la légitimité de la mise en liquidation initiée par la justice britannique pour la filiale française. Le parquet estimait que cette liquidation méconnaissait le droit français du commerce, ainsi que le droit du travail. Le jugement fut rendu de manière défavorable au parquet, tant en première instance qu’en appel. Pour ceux que ça intéresse, cet article du journal Les Echos de début 2006 relate cette affaire.

Que s’est-il passé depuis 10 ans? Le site de Longbridge a été en grande partie démantelé et a fait l’objet de projets de réhabilitation (constructions de logements, de bureaux, de parcs paysagers…). Ne subsistent plus qu’une petite partie des installations d’origine (moins de 30 hectares sur les 8000 d’origine), qui héberge aujourd’hui les activités européennes du chinois SAIC et en particulier sa division britannique MG Motor. Quant au parc de véhicules Rover et MG en circulation, il est encore relativement important pour une marque disparue voilà 10 ans, et XPart continue toujours d’assurer la fourniture en pièces détachées.

Il reste enfin le souvenir d’un incroyable gâchis industriel et humain, et d’une gestion du groupe MG Rover par ses dirigeants (le fameux quatuor Phoenix) qui fut condamnée par l’opinion publique britannique et la justice, et reste encore aujourd’hui toujours en travers de la gorge des anciens salariés.

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