Dernière mise à jour : 8 avril 2025
Le 8 avril 2005, MG Rover Group était officiellement placé sous administration, après l’échec de discussions avec le groupe chinois SAIC pour sa recapitalisation. Vingt ans après, qu’en reste-t-il ?
Si cette date du 8 avril 2005 reste comme la date officielle de cessation d’activité du constructeur, et sa faillite, il faut se souvenir que l’issue semblait inévitable depuis plusieurs jours, sinon semaines, et que de rachats en démantèlements, ce qui restait alors de l’ancienne British Leyland n’était déjà plus que l’ombre de que le groupe était encore, 10 ans auparavant.
Extrait du journal de France 2 du 8 avril 2005

Car entre 1994 et 2005, ce qui s’appelait encore Rover Group aura vécu le rachat par BMW, puis son démantèlement en 2000, avec la revente de Land Rover à Ford, la perte de MINI restée dans le giron de BMW, et sa transformation en MG Rover Group, avec comme seule usine celle de Longbridge, la moins moderne (BMW ayant conservé celle de Cowley et Ford celle de Solihull). Fortement diminué en taille, en volume de production et en capacités de recherche et développement (le centre de recherches du groupe basé à Gaydon ayant été conservé par Land Rover), le nouveau MG Rover Group qui émerge en 2000 se sait fragile et multiplie les tentatives de rapprochement avec d’autres constructeurs. Toutes échoueront, jusqu’à l’ultime tentative avec le géant chinois SAIC.
Alors, 20 ans après, que reste-t-il? Humainement, 6000 emplois directs, sans parler de tous ceux en sous-traitance ou chez les fournisseurs, furent perdus, et la reconversion fut longue et douloureuse pour beaucoup. Si la marque MG, rachetée suite à cette faillite par SAIC, a su se réinventer et rencontre un succès aujourd’hui presque insolent, cela n’en est que plus douloureux pour la marque au drakkar, d’autant que ces MG n’ont plus grand chose de britannique dans leur conception et encore moins dans leur assemblage, réalisé en Chine et au Vietnam.

Le site de Longbridge est resté pendant longtemps un site fantôme : des pans entiers du site sont restés vacants pendant des années, faisant la joie d’explorateurs « urbex » photographiant le temps comme arrêté : des bureaux avec les ordinateurs encore en place, le sol jonché de papiers et traces diverses de l’ancien constructeur. Mais même cela a fini par disparaitre : malgré une petite activité d’assemblage mis en place par SAIC sur le site pour la production de voitures MG destinées au marché britannique, celle-ci a définitivement cessé en 2016 et tout le site a depuis été démantelé et redéveloppé en logements, bureaux et centres commerciaux. Ne subsiste qu’un ou deux bâtiments administratifs historiques qui seront intégrés dans cette reconstruction toujours en cours.

En France, comme nous l’expliquait il y a quelques années le président de Rover France, Thierry Depond, la nouvelle fut tout aussi brutale et inattendue, tant pour les salariés que le réseau de concessionnaires. Mais 20 ans après, il ne reste pour ainsi dire pas grand monde parmi ces anciens concessionnaires encore en activité pour continuer à entretenir le parc restant de véhicules Rover « modernes ». D’ailleurs, ce parc de véhicules, qu’en est-il aujourd’hui ? Quand avez-vous aperçu une Rover 800 sur la route pour la dernière fois, par exemple ? Il est impossible d’avoir des données chiffrées fiables sur le parc restant. Les seuls chiffres disponibles sont ceux relatifs au contrôle technique, l’UTAC, chargé de la collecte de ces informations, publiant ces chiffres chaque année. Ainsi, en 2024, il y a eu 1599 contrôles techniques impliquant une Rover 75 en France. Cela ne veut évidemment pas dire qu’il y a 1599 exemplaires survivants, puisque le contrôle a lieu tous les 2 ans, et qu’un même véhicule peut y passer plusieurs fois dans l’année : contre-visite, revente nécessitant un contrôle ayant moins de 6 mois…mais ces chiffres illustrent la tendance déclinante : en 2022, il y en avait eu 1988. Et en 2020…2702. Les autres Rover listés dans ces statistiques sont les 600, les 200 et 400, avec des effectifs moindres. Et les autres modèles ? Avec moins de 200 contrôles les concernant dans l’année, ils ne sont même plus listés.
Il y a cependant matière à satisfaction : celle de constater que malgré un parc résiduel déclinant, malgré une difficulté certaine, en particulier dans certaines régions, à faire entretenir ces voitures, une vraie communauté existe autour de la marque et de ses modèles. A notre modeste niveau, nous nous efforçons d’y contribuer, pour aider et renseigner les propriétaires et continuer à faire vivre l’esprit de la marque. Une marque « morte » ne l’est ainsi jamais vraiment complètement…
Rover Club de France Pour tous les amateurs de Rover et autres "Fine British Cars"
Difficile de garder nos joyaux de la couronne.
L’entretien et les personnes compétentes en la matière sont introuvables.
Lorsque j’ai acheté ma Rover 400 mon entourage m’a traité de fou.
Mais tout les kilomètres parcouru ont été un plaisir incomparable !
Alors merci à tout ceux qui ont participé et fait vivre la marque au drakkar !