Rover 600 (1993-1998)

La Rover 600 fut la plus japonaise de toutes les Rover…et celle qui eut la durée de vie la plus courte.

Dessin de 1989 de Richard Woolley
Dessin de 1989 de Richard Woolley

En 1984 commencèrent les études visant à remplacer l’Austin Montego au sein de la gamme Austin-Rover. Les projets AR16/AR17 démarrés à cette époque visaient à utiliser une plateforme raccourcie de la future Rover 800 alors en développement. Et si le projet fut suffisamment avancé au point de produire quelques études de style, il y fut mis un terme assez rapidement en 1986 lorsque le nouveau chairman de Rover, Graham Day, exprima clairement la volonté de mettre fin à tout développement interne au profit du partenariat avec Honda.

Dès lors, Honda et Rover posèrent les bases de leur 5ème développement commun (baptisé SK1 pour Honda et SK2 pour Rover), et qui allait donner naissance à la nouvelle génération de Honda Accord pour le premier, et la Rover 600 pour le deuxième. L’objectif initial de remplacer la Montego disparut dès lors que cette tâche était allouée à la nouvelle Rover 400. La Rover 600, poursuivant la logique de montée en gamme, aurait pour mission de s’attaquer au segment des berlines de classe « executive », représentée par les BMW Série 3 et Mercedes 190 notamment.

600_cutawayMais au contraire de leurs précédentes collaborations, Honda imposa d’emblée à Rover ses propres conditions : ainsi, l’ensemble des motorisations essence devait être issu de Honda, qui assumait également l’intégralité du développement mécanique/châssis ainsi que l’intérieur de la voiture. Rover ne put ainsi définir que l’apparence extérieure de sa propre voiture, mais avec des éléments de carrosserie repris en partie de la version Honda (les portes avant, les bas de portes arrière, ainsi que le toit et le pare-brise sont identiques à la version Honda). Le dessin de la Rover 600, effectué par Richard Woolley à qui l’on devra plus tard la Rover 75, apparait particulièrement fluide et fait réapparaitre la fameuse calandre chromée dès les premières esquisses.

Au final, la Rover 600 apparait donc comme la moins « Rover » des voitures issues de la collaboration avec Honda, ou si l’on préfère, comme la plus japonaise des Rover de cette période.

Intérieur de la Rover 600
Intérieur de la Rover 600

Lancée en avril 1993, la Rover 600 disposait au départ de trois motorisations essence  4 cylindres (toutes Honda donc) de 1.8L, 2.0L et 2.3L de cylindrée respectivement. Toutefois, Rover entreprit très rapidement d’équiper sa gamme 600 d’une motorisation diesel (moteur L-Series de conception maison), mais aussi l’installation du bloc maison T16 turbo-compressé de 200 chevaux, déjà à l’oeuvre sous le capot du coupé Rover 220.

C’est alors que le destin de la Rover 600 prit une tournure assez inattendue. En janvier 1994, BMW fit l’acquisition de Rover Group. Dès lors, les contours des accords liant Rover à Honda pour la fourniture des blocs moteurs sont revus de manière significative, Honda n’ayant aucun intérêt à favoriser un constructeur désormais concurrent et dont il ne détient plus aucune part. BMW décide alors d’accélérer le programme de remplacement des modèles issus de la collaboration avec Honda, dont la 600 et la 800, ce qui donnera lieu à la future 75. Mais surtout, le budget marketing de la 600 est considérablement revu à la baisse, et si la 600 connut des ventes plus qu’honorables (plus de 270000 voitures sortirent des chaînes de production entre 1993 et 1998), elle connut assez rapidement une baisse de son budget marketing et n’était pas mise en avant dans la gamme de manière significative.

La Rover 620Ti fut la première à en subir les frais. Si elle ne pouvait prétendre à une sportivité aussi affirmée que ses concurrentes germaniques, sa suspension raffermie et sa motricité bien supérieure à celle du coupé Rover 220, équipé du même bloc, en faisait une berline très agréable à conduire. La fiabilité de la gamme 600 était par ailleurs reconnue, et la fin de sa production au tout début de l’année 1999, au profit de la Rover 75, mit un terme à sa carrière d’à peine 5 ans…ce qui, au regard des 12 années de commercialisation de la Rover 800, ou des 10 années de la Rover 400/45, est assez anachronique pour le constructeur.

Les différentes versions commercialisées :

  • 618 i/Si : bloc moteur essence Honda d’une cylindrée de 1.8L, puissance de 115 chevaux
  • 620 i/Si/Si Luxe : bloc moteur essence Honda d’une cylindrée de 2.0L, puissance de 131 chevaux
  • 623 Si/Si Luxe : bloc moteur essence Honda d’une cylindrée de 2.0L, puissance de 158 chevaux
  • 620 Ti : bloc moteur essence Rover T16 turbocompressé d’une cylindrée de 2.0L, puissance de 200 chevaux
  • 620 Di/SDi/SDi Luxe : bloc moteur diesel Rover L-Series d’une cylindrée de 2.0L, puissance de 105 chevaux

Au total, 24058 exemplaires de la Rover 600 furent vendus en France entre 1993 et 1999, l’année la plus importante étant 1995 avec 6037 exemplaires vendus cette année.

2 commentaires

  1. Mon cher Michel, sur les 800, seule la version V6 est à motorisation Honda 🙂

  2. …bien vu cet article… on vante tres souvent la fiabilité des 800 grace a leurs moteurs « honda »… la 600 aussi est tres fiable animée par ces meceniques et de plus tres tres accesible et compact elle peut etre une altenative quotidienne aux clio twingo punto et autres suffragettes a taxes….

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